La valorisation de la société civile et de la démocratie participative

Beaucoup de pays vivent une montée en puissance de la société civile. Cette tendance porteuse d'avenir doit être comprise, acceptée, canalisée pour en faire une force active dans la construction de la société de demain.

Cette société civile peut à l'inverse entrer en conflit violent avec les autres institutions en présence.
Ce chapitre expose la place de la société civile par rapport aux autres acteurs et donne des éléments de compréhension de cette nouvelle légitimité et des éléments qui servent à l'intégrer.

La démocratie participative

Principe

Le but de la démocratie participative est de développer un dialogue sur des thèmes précis entre élus, citoyens et experts pour nourrir des réflexions et élaborer des décisions.

Dans cette démarche on assure à l'ensemble des participants une égale considération et une information complète sur le thème traité. Cette démocratie se présente comme un complément de la démocratie représentative, cette démarche permet l'émergence d'une citoyenneté active et informée, crée du lien social et permet de prendre des décisions proches des usagers et avec eux, ce qui facilite l'appropriation.

Raisons du développement de ce type de démocratie

La montée en puissance de la démocratie participative a plusieurs raisons :

  • Un décrochage de certaines classes par rapport au monde politique et la représentation par des élus
  • La volonté de discuter de sujets concrets et de proximité
  • La montée en puissance de la compétence des citoyens à travers internet et le partage et des associations qui peuvent contester les « dires » d'experts
  • La légitimité que représente l'usage des biens ou des équipements qui vont être construits. Plus que tout autre, l'usager peut apporter son éclairage sur la conception de quelque chose dont il va être l'utilisateur dans le temps
  • Enfin, dans un monde que beaucoup appellent « en crise » face à des experts ou des élus qui semblent vivre en circuit fermé ou dans un temps ne permettant plus la réflexion, cette société civile proche du terrain pourrait avec des clés de réponse pour construire le monde de demain. Notre but est de valoriser le rôle de l'élu en la matière.
 
 

Plusieurs ambiguïtés et difficultés sont cependant attachées à la démocratie participative, propositions de réponse

L'élu serait censé représenter l'intérêt général et les citoyens porteurs d'intérêts particuliers.

Il est certain que des citoyens peuvent capter et monopoliser le débat pour leur intérêt, cependant un citoyen peut émettre des remarques de portée universelle et il n'y a pas forcément de contradiction entre un intérêt particulier et général.

La démocratie participative a un coût important.

Il faut envisager ce processus comme un enrichissement sur un thème donné et un moyen de réduire des conflits éventuels avec une radicalisation empêchant tout débat. Cette démarche peut aider à améliorer l'efficacité de la politique municipale et publique.

Les débats sont techniques et il faut savoir articuler les échelles de territoires et les temps. La pédagogie et l'honnêteté plus que la transparence sont essentielles dans ce domaine.

On va créer des attentes et des conflits

Le système de décision doit être clarifié et les scénarios alternatifs expliqués. Les divergences d'opinions ne doivent pas être vécues comme un échec, mais comme une diversité permettant de mûrir un thème.

Le citoyen ne croit plus en la démocratie participative, il ne sera pas entendu.

Le citoyen est pris entre 2 feux, une volonté de prendre en main son destin et l'attente d'un état centralisateur et providentiel qui va résoudre ses problèmes, donc l'élu doit clairement prendre en compte sa parole et responsabiliser les personnes sollicitées.

Les outils de la démocratie participative.

Ils sont nombreux : les conseils de quartiers, les associations, les comités consultatifs, les conseils municipaux de jeunes, les sites internet avec pages d'accueil pour des propositions, les stands d'exposition de projet avec un système de jurys citoyens...

Pour aller plus loin, consulter le "Guide de la gestion participative à l’attention des collectivités locales" (AIMF - Juin 2012).
Pour retrouver des informations supplémentaires sur les bonnes pratiques des collectivités locales en matière de gestion participative, consulter le site de l'AIMF via ce lien.